
Présentation
France Picard a consacré sa carrière au champ de la justice sociale en éducation. Ses travaux scientifiques couvrent un large éventail allant des services éducatifs de qualité au préscolaire, jusqu’à la transition et l’intégration de la population étudiante dans les cégeps et aux trois cycles universitaires. Plus particulièrement, elle s’est intéressée aux comparaisons internationales, notamment en ce qui touche l’étude des dispositifs d’orientation scolaire et professionnelle sous l’angle des capabilités à s’orienter, scrutant dans quelle mesure ces dispositifs sont porteurs de justice sociale ou exacerbent les inégalités aux étapes-clés des transitions scolaires et professionnelles.
À ce titre, elle a dirigé des équipes composées de chercheures et chercheurs du CRIEVAT (p. ex. : L’indécision à l’arrivée au collégial; Groupe d’accompagnement des professionnelles et professionnels de l’orientation au Québec), interuniversitaires (de 1996 à 2005, la publication de six avis, entre autres, destinés au ministre de l’Éducation portant sur le développement de l’enseignement et la recherche universitaires au Québec et produits au Conseil supérieur de l’éducation), internationaux (L’analyse comparative internationale des dispositifs de d’orientation scolaire et professionnelle sous l’angle des capabilités dans cinq pays) et multidisciplinaires (Femmes face aux défis de la transformation numérique). Entre autres collaborations, citons ses travaux et publications comme membre de l’équipe canadienne Transition (Enquête canadienne auprès des jeunes en transition), ainsi que de l’équipe Dynamique d’insertion et d’intégration en emploi.
Membre régulière du CRIEVAT de 2007 à 2022, France Picard y a aussi exercé le rôle direction de 2017 à 2021. Ses qualités scientifiques et pédagogiques, son leadership et son aisance dans un contexte de travail en équipe ont insufflé à ses membres, issus tant de la communauté étudiante que professorale, un dynamisme qui s’est reflété dans le développement des activités scientifiques étudiantes (ex. : création et soutien de la revue étudiante INITIO, facilitation aux collaborations scientifiques internationales, amélioration de la vie étudiante au centre, mise sur pied d’un programme scientifique ad hoc durant la pandémie de COVID-19, etc.) ainsi que dans l’engagement des membres professoraux (révision de la programmation scientifique pour mieux refléter l’ensemble des expertises scientifiques, création d’un dispositif de services à la collectivité en matière d’éducation et de travail, direction de l’Enquête triennale canadienne auprès des étudiantes et étudiants à la maîtrise et au doctorat, etc.).
Et la petite enfance dans tout cela? En 1995, au sein du Conseil supérieur de l’éducation, elle a dirigé une équipe de recherche qui a permis de dresser l’état des lieux des services éducatifs offerts aux enfants de cinq ans et moins au Québec, ainsi que d’estimer les coûts et bénéfices tant économiques que sociaux d’un programme éducatif préscolaire, universel, facultatif, de qualité et gratuit. Sur la base de ces études, elle a rédigé un avis en collaboration avec un comité d’expertes et d’experts de la petite enfance qui a été déposé à la ministre de l’Éducation. Cet avis a permis au gouvernement d’insuffler un développement exemplaire de services éducatifs pour les tout-petits et de jeter les bases des Centres de la petite enfance en opération aujourd’hui. Ce modèle a également été implanté ailleurs au Canada. En matière de justice sociale en éducation, l’attention et le soin portés aux apprentissages et au développement des tout-petits issus de tous les milieux socio-économiques, constituent le fondement d’un système d’éducation porteur de justice.
Intérêts de recherche
- Analyse des pratiques de l’orientation scolaire
- Enseignement supérieur
- Orientation et justice sociale
- Transformation numérique et enjeux pour le développement de carrière des individus et pour l’organisation du travail
- Approche par les capabilités
- Publics cibles fragilisés dans les systèmes d’éducation